[Review] Bitch Planet tome 2

Bitch for president !

Glénat_Comics_Bitch_Planet Makoto Maki est ingénieur mais aussi père de deux jeunes filles. Il ne parvient pas à se résoudre au rôle subalterne dans lequel les femmes sont enfermées et il organise avec sa famille une forme de résistance discrète. Tout semble bien se dérouler jusqu’à ce qu’un événement vienne bouleverser leur vie de manière irréversible.

Bitch Planet tome 2
Histoire : Kelly Sue Deconnick
Illustrations : Valentine De Landro
Contient les épisodes Bitch Planet #6-10
Publié par Glénat Comics

L’avis de Sonia :

Bitch Planet est arrivé chez Glénat Comics en se présentant comme un manifeste féministe, renforçant ainsi l’aspect militant que l’éditeur cultive avec des titres comme The Infinite Loop ou présentant des personnages féminins de caractère dans des titres aussi variés que Lazarus ou Lady Killer.

Ayant apprécié le premier tome de Bitch Planet pour son côté percutant et satirique, j’ai donc décidé de poursuivre ma lecture, ne sachant trop comment ce titre allait évoluer. Dès le début, on se retrouve plongé dans une origin story, celle de Meiko, une détenue qui a plutôt mal fini. Cette sorte de pause dans le récit m’a paru plutôt bienvenue – bon, je confesse que j’adore les origin stories – et aide à comprendre le contexte de cette société patriarcale particulièrement rude. La famille Maki oppose une résistance discrète mais obstinée au système en place et le père ne souhaite pas faire de ses filles des femmes sans éducation et soumises au bon vouloir des dominants. Ce titre nous permet de nous interroger sur le bien-fondé de son action : l’acte de résistance a-t-il une chance d’aboutir ?

Si le propos peut paraître parfois un peu forcé voire caricatural aux yeux des détracteurs de Bitch Planet, l’ensemble des propos sexistes tenus tout au long des pages ne paraît pas si surprenant que cela. Le collègue de travaille de Makoto rappellera sans mal certains de ceux qu’on peut croiser tous les jours au boulot et les conseils pour les femmes qui émaillent le volume pourraient tout aussi bien être puisés dans les ouvrages et magazines féminins des années 1950.

Ce deuxième volume étoffe le contexte dans lequel les personnages évoluent et propose une histoire qui n’est pas sans évoquer très directement la série Orange is the new black. Au milieu d’une émeute générale, des révélations ont lieu qui auront sans nulle doute un grand impact sur la suite et qui lèvent le voile sur ce qu’était la société avant l’avènement d’un patriarcat impitoyable. En cela, ce tome est intéressant car il prépare le lecteur à connaître la genèse de la société cauchemardesque dans laquelle les femmes sont rangées au niveau des plantes vertes. Graphiquement, Valentine De Landro offre un univers torturé, percutant et empreint de brutalité et soutient ainsi parfaitement le propos de la scénariste.

Le discours dénonçant la femme-objet court tout au long du récit, de manière cash et ironique et sans ellipse : le propos est direct, sans nuances. Pourtant, le monde présenté par Kelly Sue DeConnick est moins manichéen qu’on pourrait le penser puisque l’un des héros est Makoto, un père aimant, qui refuse le destin qu’on veut imposer à sa femme et à ses filles. Si Bitch Planet n’est pas un titre aussi révolutionnaire qu’on voudrait nous le présenter, il décrit malgré tout avec efficacité une société dystopique violente et donne à réfléchir sur les relations que l’on peut entretenir les uns avec les autres et les formes d’engagement qui peuvent être les nôtres. C’est ce qui me plaît dans ce type d’ouvrage : la science-fiction n’est là que pour nous parler de notre société et pour pointer le doigt sur ses dérives. Le tout est de savoir si on se sent concerné, intéressé, indifférent ou dérangé par ce type de sujet.

Ce second volume de Bitch Planet alterne origin story, émeute généralisée et révélations sur la constitution de cette société dystopique qui repose sur un patriarcat rigoriste. Le propos reste fort et sans nuances et tient les promesses du tome précédent.

La note de Sonia Smith : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Très cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
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Categories Nos chroniques, Sonia Smith
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